
Hier soir j’ai passé ma première nuit dans ce nouvel appartement. C’est un pied de villa, donc il y a tout de même d’autres habitants autour de moi. Mais je suis seule, dans ce grand F2, qui fait a peu près 60 m² (troqué contre mon studio sous les toits parisien de 8,5 m²), avec des échos qui fusent autour de moi au moindre bruit. Tout semble si froid, et creux à la fois, même si au-dessus de moi j’entends une main enfantine jouer du piano.
Alors j’allume mon enceinte, qui génère un bruit de fond, et qui m’ambiance, et je déballe mes affaires, ma valise, je positionne mes objets, je me lève, je m’assois, je danse… C’est fatiguant en fait ! Et je continue de remuer tout autour de moi, petit à petit ça ressemble à quelque chose. Vient le moment de me préparer à manger… puis de me poser.
Après avoir pris ma première douche dans cet endroit qui m’est inconnu, je toise les murs, hauts et blancs. Je me sens alerte, comme si d’un coup une surprise allait arriver. C’est une peur de se faire surprendre par n’importe quel facteur : je redoute qu’une bête ou un insecte sorte de nulle part, comme une araignée. Mais personne ne viendrait m’aider. Oui, j’ai cette phobie des araignées. Mais quand on habite seule, soit on est forte et on l’écrase, soit on crie comme une poule mouillée, et sans honte (puisque je suis seule au monde). Entre vous et moi, je pense que c’est une fausse phobie, parce que si je suis accompagnée d’autres personnes qui ont plus peur que moi, je serai l’âme courageuse qui irait la tuer.


Revenons dans ce lieu tranché par les ondes de cette enceinte qui diffuse un son plein de réverbérations à cause des échos de la pièce…
A un certain moment, je dois éteindre les lumières pour aller me coucher. Je prends donc le soin d’allumer la lampe de chevet. Puis d’aller appuyer sur l’interrupteur. Mes pas sont feutrés, on n’entend que la musique dont j’ai un peu baissé le volume. Je fatigue mes yeux au maximum en utilisant mon téléphone, après avoir éteint la musique. Il fallait que j’écoute, que je tende l’oreille pour m’habituer à ce nouveau fond sonore qui le sera le temps de ce long séjour. Des oiseaux, des crapauds, des grillons, des grenouilles, de l’eau qui circule. Épuisée, je prends donc le courage d’éteindre la dernière lueur de ma lampe de chevet.
Mais maintenant, mes oreilles sont aux aguets.
Je somnole et je glisse dans un sommeil, et je me fais réveiller par un bruit dont j’essaye de deviner la provenance. Sans succès. J’angoisse, mais ma conscience me dit de me calmer et de dormir.
Réveillée par mon réveil, je n’ose pas sortir ma main du lit pour allumer la lumière, de peur d’être surprise par quelconque forme sur les murs blancs. La nuit, je m’étais imaginée qu’une mygale bien velue était près de moi. Ou bien que quelqu’un était présent à la fenêtre. Qu’un visage pouvait apparaître à tout moment devant la porte vitrée. J’ai l’impression d’être une poule mouillée en me relisant !
Je crève de chaud, mais je ne veux pas ouvrir la fenêtre, toujours par peur de voir des moustiques et des papillons s’engouffrer par la fenêtre.
C’était donc comme ça, ma première nuit, dans la tête d’une métropolitaine en Guadeloupe.

Qu’avez-vous pensé de ma première nuit ? Racontez-moi vos premières fois dans un lieu totalement nouveau, je suis curieuse de savoir si je suis la seule poule mouillée !
Je n’ai pas encore l’idée du prochain article qui sortira, mais je vais bientôt mettre mon portfolio à jour ! Stay tuned!
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