Quand je suis descendue de l’avion, j’en pouvais plus, je devais absolument sortir. Alors, avec ma démarche habituelle et peut être rapide, un homme m’a interpellée et m’a dit :
« Vous êtes pressée mademoiselle ? »
J’ai bien ri, je me suis dit, je suis bien arrivée en Guadeloupe.
Atterrissage à l’Aéroport
L’aéroport se situe aux Abymes, mais on l’appelle l’aéroport de Pointe-à-pitre (ville la plus proche et très urbanisée). Le vol s’est bien déroulé, il a duré 8h 15minutes, j’ai voyagé avec Air Caraïbes.
Si j’ai un petit conseil à donner aux personnes qui voyagent pour la 1ère fois seul(e) à destination des Antilles caribéennes, je vous déconseille de commander un Tipunch à bord, commandez tout sauf cette boisson, à moins que vous appréciez boire du gel hydroalcoolique (le sucre et le citron ne sont pas du tout mélangés). Je ne me suis aperçue que trop tard de cette erreur, si ces lignes peuvent sauver quelques gosiers, j’en serai très heureuse! Si un petit article sur l’art du tiPunch et la culture du rhum vous intéresse, manifestez vous en commentaire et je m’attellerai à l’écriture sur un tel sujet 🙂

Vue du hublot à l’atterrissage, aéroport de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe
En Voiture Simone
Le moyen de locomotion est la voiture. Les trajets en voiture peuvent sembler longs. L’île est traversée par des routes nationales, dont la N2 qui est une route principale et très fréquentée. Celle-ci est régulièrement embouteillée en heure de pointe selon mon guide touristique local, ce qui est parfois un enfer.
Si vous voulez mon avis sur la conduite des Guadeloupéens, eh bien… C’est particulier, mais vraiment typique ! J’en avais parlé dans mon Retrog « Expectation VS Reality » : Le Guadeloupéen s’arrête où il veut, et roule vite comme dans un rallye !
J’ai laissé ce Retrog* à la une de mon compte instagram, c’est le Retrog N°7
(*) Un retrog est un concept issu d’un néologisme que j’ai mis en place suite aux huit heures de vol, c’est l’alliance de deux mots : Retrospective + vlog = Retrog. Chaque semaine, dans ma story instagram, je présentais mes aventures et les choses qui m’ont le plus interpellée, les abonnés les plus curieux réagissaient et jouaient le jeu (comme si j’étais une vraie influenceuse!)
Les routes sont plus ou moins bien entretenues, parce que la Guadeloupe se situe dans une zone ou la terre bouge pas mal, d’ailleurs, sur l’île il y a un volcan qui s’appelle La Soufrière. Aux dernières nouvelles, le volcan serait en éveil. Pour traverser la Guadeloupe (passer de la Grande-Terre à la Basse-Terre) on peut emprunter le Pont de l’alliance (un bout de terre qui relie les deux ailes du papillon ou un deuxième pont, appelé « Pont Autonome ». Auparavant ceux-ci pouvaient s’élever pour laisser passer les grands bateaux. Aujourd’hui, les bateaux doivent contourner les ponts.
Si vous voyez des soubresauts dans mes vidéos, c’est tout à fait normal, c’est à cause des nids de poules et de l’état de la route. A mon arrivée, je me suis rendue à Trois Rivières, là où j’ai découvert avec émerveillement de magnifiques tableaux verdoyants, et océaniques.
Les Guadeloupéens
« Alors ? Ils sont tous noirs ? Ils sont comment ? »
La plupart des habitants sont soit des touristes, soit des membres de famille qui habitent l’île depuis des générations et des générations. Il ne faut pas le cacher, il y a énormément de touristes et de blancs métropolitains qui viennent habiter ici ou pour de courts/moyens séjours. Il y a des zones bien spécifiques réservées aux touristes.
J’ai remarqué que, lorsque deux guadeloupéens font connaissance, ils peuvent, juste en échangeant leurs noms de famille, savoir s’ils ont des connaissances en commun (ce qui est fort probable!).
« Ah tiens, la maîtresse de mon neveu s’appelle comme ça !
– Oui, probable, ma grande tante travaille au Lycée des Droits de l’homme… »
Et ainsi continue la conversation, et des liens se créent. C’est un peu grâce à ce genre de conversation et d’affinité que j’ai décroché mon logement, d’ailleurs !
Souvent, les jeunes étudiants font leurs études en Métropole, puis reviennent habiter en Guadeloupe, se marient, ont des enfants et ainsi de suite. Et puis, finalement, le bouche a oreille fonctionne très bien : la preuve, dès que j’ai parlé de mon départ en Guadeloupe, j’avais déjà des contacts et des connaissances de connaissances près à me venir en aide sur place. Mais heureusement, je connaissais déjà un Guadeloupéen sur place, alors j’ai eu la chance d’avoir un guide local personnel pour me faire découvrir la merveilleuse île de la Guadeloupe.
Couleur de peau
La population est mixte : il n’y a pas que des noirs de peaux, il y a de tout. Il y a même des blancs, ils sont appelés « les blancs pays », et parlent créole, et français avec le même accent très prononcé, que ce soit un blanc, un noir, un caramel ou un beurre salé. D’ailleurs, les antillais ont de beaux yeux clairs, c’est très plaisant à voir.
Parlons bien, parlons francs, je n’ai pas vu beaucoup d’asiatique, j’en ai vu aucun. Ni de rebeu d’ailleurs. Parait-il qu’il y a eu une vague de migrants libanais et syriens, et qu’ils vivent à Point-à-Pitre et tiennent des commerces d’alimentation de proximité (pardon, mais c’est très cliché). Il y a pas mal de Guadeloupéen (100% pure souche, peut-on dire ça ?), des guyanais, des martiniquais, pas de malgache (je passe d’ailleurs pour une tahitienne, ou une polynésienne), il y a des indiens et des haïtiens.
Les haïtiens ont l’image des petites mains chinoises. La situation financière et géopolitique en Haïti étant particulièrement difficile, les haïtiens sont ceux qui travaillent au noir et pour peu d’argent dans les plantations de bananiers. (D’ailleurs, parmi les expressions orales qui m’ont bien fait rire, c’est qu’on ne dit pas « travailler au noir » ici, mais « travailler au marron »)
Mentalité et façon de penser
Durant ces 3 dernières semaines, j’ai été agréablement surprise.

1. Mes a priori vérifiés
« Tu verras, ils sont très chaleureux ! »
C’est vrai, toutes les personnes que j’ai connues sont chaleureuses, souriantes, blagueuses. Dès le premier jour, à mon arrivée au bureau, il y avait un mec qui faisait du Moon Walk dans l’entrée, l’ambiance était très détendue. Et ça fait du bien cette bonne humeur!
2. Toi tu me tutoies, moi je te tutoie.
J’ai été aussi surprise par le tutoiement au premier contact. D’emblée, le « vous » passe à la trappe, qu’on se connaisse ou pas, on se tutoie. OK, ça crée de la proximité, mais je n’ai vraiment pas l’habitude, surtout quand je m’adresse à plus âgé que moi.
Ces lignes, je les ai rédigée au bout de 2 semaine sur l’île, et j’avais déjà un très bel aperçu de ce qui m’attendait pour les prochains mois à vivre… Le prochain article sur le sujet abordera comment j’ai vécu ma première nuit, dans mon nouveau logement, seule, à plus de 1000 km de mes proches et de ce qui m’est familier ! Eh oui, vivre ses aventures en tant que personne libre… implique de sortir de sa zone de confort et de s’adapter à des nouvelles habitudes !

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